
Quand une région révèle un talent qui rayonne dans le monde entier
Chez J’aime ma région ❤️, nous croyons que chaque territoire porte en lui des talents qui méritent d’être reconnus bien au-delà de ses frontières. Ces femmes et ces hommes qui, par leur créativité, leur énergie et leur passion, deviennent les ambassadeurs vivants de nos régions, de nos cultures, et de nos valeurs communes. Aujourd’hui, nous sommes fiers de vous présenter l’un d’eux : Sala Cissé, sound designer et DJ international, connu sous son identité artistique ALTE IPSE.
De la Lorraine à la Seine-Saint-Denis, puis de Meaux jusqu’aux plus grandes scènes sportives mondiales, Sala Cissé compose des émotions en temps réel. Lors des championnats du monde, des JO, des meetings internationaux, il est celui qui capte le rythme, la tension, les vibrations d’un public entier… et qui les transforme en bande-son explosive. Sans lui, un record franchi ou une cérémonie peut perdre une grande partie de son intensité. Grâce à lui, chaque moment devient plus fort, plus mémorable.
Cet entretien est une plongée dans son parcours, sa philosophie créative, ses racines régionales et son regard sur l’avenir d’un métier encore trop peu mis en lumière. Une histoire à transmettre, à partager… et à soutenir parce que c’est en valorisant nos talents que l’on valorise nos régions.
Parcours & identité
Pouvez-vous nous raconter votre parcours et ce qui vous a conduit à devenir sound designer et DJ dans de grands événements sportifs internationaux ?
Aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours été passionné par le sport et la musique. Pour la partie sportive, j'ai beaucoup été influencé par ma grande sœur Amy qui a joué en Équipe de France de Basket-ball (79 sélections) et par mes 2 grands frères, Sidate et Sylvère-Henry qui étaient également passionnés par ce sport. Donc je viens du croisement entre sport et musique : ancien basketteur et musicien depuis l’adolescence, j’ai ensuite étudié l’ingénierie du son au SAE Institute. Très vite, j’ai trouvé ma place dans les événements sportifs, où je crée des ambiances sur mesure mêlant sound design et DJing. Aujourd’hui, j’accompagne des compétitions majeures dans le monde entier en façonnant l’énergie du public et des athlètes.
Que signifie pour vous le nom ALTE IPSE et pourquoi l’avoir choisi comme identité artistique ?
J’ai mis du temps pour trouver un nom représentant ma manière de travailler et mon idéal évènementiel. ALTE pour Altérité et IPSE pour Ipséité. Donc, à la fois ce qui caractérise l’autre et ce qui me caractérise. C’est pour moi la définition même d’un event réussi. À savoir délivrer pour un public en y implémentant sa personnalité.
Quels souvenirs marquants de votre jeunesse vous ont orienté vers la musique et le sound design ?
Comme je le disais j’ai commencé par le rap, avec un groupe monté avec mes amis d’enfance. Sans prétention mais avec beaucoup d’énergie. Si je devais évoquer un souvenir précis, ce seraient les musiques familiales écoutées par mes parents. Myriam Makeba, Henri Salvador et beaucoup de Kora Le goût du Sound Design est venu plus tardivement. Quand j’ai compris l’importance d’un conducteur et de la technique sonore.
Votre métier vous amène à voyager dans le monde entier – qu’est-ce qui vous ramène toujours à vos racines, à votre région ?
J’aime me rattacher à tout ce qui me constitue. À savoir mon enfance lorraine, mon adulescence parisienne, ma vie d’adulte séquano-dionysienne, et mon épanouissement seine-et-marnais. Sans oublier mes origines sénégalo-maliennes. Je suis très fier de cette diversité qui compose mon être et mon parcours. En l’occurrence, après long périple hors des frontières françaises, ma reconnexion passe bien sûr par la famille. Et tout de suite après vient la cuisine ! Que ce soit à travers une quiche, un yassa ou un plateau de fromages, je sais que je suis chez moi !
Métier & savoir-faire
En quoi consiste concrètement le rôle de sound designer pour un événement sportif ?
D’être le plus précis possible sur l’adéquation ambiance/cohérence avec l’action. Ça m’amène à explorer les styles musicaux les plus improbables (un grand merci à Kenny Underwood qui m’a montré une manière de travailler magnifique allant dans le sens de la découverte)
Quelles sont les compétences techniques et humaines indispensables dans ce métier ?
Les compétences techniques sont accessibles à tous désormais en 2025. Faire des edit, des montages, des mixages, des mash-up.. On est nombreuses et nombreux à savoir le faire. Mais d’une manière générale, je dirai d’être le plus « couteau suisse » possible. L’adaptation c’est la clé en évènementiel.
Émotions & public
Selon vous, quelle place la musique occupe-t-elle dans l’expérience d’un spectateur ou d’un athlète lors d’une compétition ?
Bien heureusement elle est devenue capitale ! Avant, des playlists faisaient l’affaire. Désormais, tout le monde à ses playlists. Donc les spectateurs et spectatrices ont l’oreille affuté pour savoir si la musique est cohérente ou non. Avec les différentes activations et immersions dédiées au public, la musique est devenue indispensable. Pour les athlètes, je pense qu’elle a moins d’importance car le focus est trop grand pour y faire grandement attention. Mais ça joue qd même ! On le voit quand les athlètes se calent sur le BPM pour les actions. Et ça arrive souvent en athlétisme.
Avez-vous un exemple concret où vos choix musicaux ont transformé l’ambiance d’un match ou d’une cérémonie ?
Le dernier record de Duplantis à 6m30 lors des Championnats du Monde de Tokyo, où j’ai pu embarquer le stade sur sa dernière tentative réussie. Je dirai aussi l’émotion suscité par la délégation ukrainienne lors des Championnats d’Europe d’Escrime-Fauteuil. Je savais que leur délégation était très forte. J’ai trouvé des sons de célébrations puissants. Qui les ont surpris, puis ému.
Comment adaptez-vous vos programmations à des publics très différents (Tokyo, Doha, Paris, etc.) ?
Une recherche perpétuelle des influences de chaque public, bien sûr. Mais comme je n’oublie pas l’ipséité, il y a forcément une part de moi ! C’est le mix entre mes recherches et mes envies qui donnent ces ambiances particulières et positives.
Quel a été le moment le plus émouvant que vous ayez vécu derrière vos platines dans un stade ?
Forcément, l’émotion de la délégation ukrainienne lors des Championnats d’Europe d’Escrime-Fauteuil a une place particulière dans mon cœur. La blessure de Kevin Mayer avant les JOP de Paris 2024 m’a beaucoup attristé. Mais ma plus grosse claque d’émotion a été lors des Chpts du Monde de Parathlétisme en 2023. Cet event m’a vraiment changé, et depuis j’ai découvert un monde et une passion incroyable.
Territoires & ancrage régional
Vous travaillez à l’international, mais quel lien gardez-vous avec votre territoire d’origine ?
Comme dit plus haut, j’ai grandi en Lorraine, j’ai forgé ma vie d’adulte à Paris et en Seine-Saint-Denis, et aujourd’hui je m’épanouis à Meaux, en Seine-et-Marne. Chaque territoire m’a construit : la Lorraine pour les valeurs, Paris pour l’ambition, la Seine-Saint-Denis pour l’énergie, et la Seine-et-Marne pour l’équilibre. Mes racines sénégalo-maliennes, elles, sont mon terreau familial et musical.
Quelles influences musicales locales (régionales, culturelles, familiales) nourrissent encore aujourd’hui votre créativité ?
Ma musique, c’est un mix naturel : les sons populaires de mon enfance en Lorraine, la culture urbaine parisienne et de Seine-Saint-Denis, et les rythmes sénégalo-maliens que j’ai dans le sang. C’est ce mélange qui m’inspire et qui donne à mes projets cette identité hybride.
Pensez-vous que la musique est aussi un vecteur de valorisation des territoires ?
Oui, la musique peut iconiser un territoire. Un bon univers sonore, ça peut raconter une ville mieux qu’un logo. Le son, c’est une carte d’identité émotionnelle.
Si vous deviez faire découvrir un son, un artiste ou un lieu emblématique de votre région à un public mondial, lequel choisiriez-vous ?
Je ferais découvrir les bords de Marne à Meaux : un vrai spot d’énergie douce. Et côté musique, je mettrais en avant un artiste qui incarne la France métissée, celle qui me ressemble : entre héritage africain, influences urbaines et identité locale forte. Alors je dirai Ronisia, superbe artiste seine et marnaise !
Auriez-vous envie, un jour, de monter un projet artistique ou un festival directement ancré dans votre région ?
Pour l’instant, je ne me lance pas dans un festival… J’ai suffisamment d’event à gérer ! Mais si un jour le bon timing et les bonnes énergies s’alignent, je ne serai pas contre l’idée.
Vision
Quelle est votre vision de l’avenir du sound design dans le sport et le spectacle ?
Le sound design va devenir le cœur émotionnel des événements. Dans le sport, c’est déjà un moteur : il rythme, il amplifie, il raconte.
Avec l’essor du digital et de l’immersion (réalité augmentée, VR), comment voyez-vous évoluer votre métier ?
Je pense qu’avec l’AR et la VR, on va passer d’un son décoratif à un son vivant. Des univers qui réagissent au geste, au public, à l’intensité. Le spectateur ne regarde plus : il entre dans l’expérience.
Projets & transmission
Quelle place la transmission a-t-elle dans votre parcours : souhaitez-vous inspirer ou accompagner les jeunes de votre région qui aimeraient suivre vos pas ?
La transmission, c’est essentiel. J’enseigne depuis peu et je veux montrer aux jeunes, surtout ceux issus de la diversité ou de territoires périphériques, que c’est possible. On peut venir de Lorraine, de Seine-Saint-Denis, de la diaspora… et viser les plus grands événements du monde. C’est clairement mon message principal.
Enfin, si vous deviez résumer en une phrase votre lien avec la musique, le sport et votre région, quelle serait-elle ?
J’ai mis du temps pour trouver la réponse à cette question surprenante et intéressante ! Je dirai : « Je fais dialoguer mes racines africaines, mes territoires français et l’énergie du sport pour créer des expériences sonores qui rassemblent. » J’aime bien !
Un talent local sur la scène mondiale
À travers cet échange, Sala Cissé nous rappelle que les succès internationaux s’écrivent souvent à partir d’une histoire intime : celle d’un enfant de région qui s’imprègne d’un territoire, d’une famille, d’un héritage culturel… puis ose viser le monde. Ce qui force l’admiration chez lui, ce n’est pas seulement la technicité de son métier, ni les événements prestigieux auxquels il contribue ; c’est sa capacité à faire dialoguer ses racines et ses ambitions, à porter haut l’identité de ceux qui l’ont façonné.
Chez J’aime ma région ❤️, nous nous réjouissons de voir nos territoires briller à travers des artistes comme lui. Parce que notre mission est précisément d’illuminer celles et ceux qui incarnent la richesse de nos régions dans le sport, la culture, l’innovation, la solidarité… partout où le talent éclot.

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Toutes les informations sont disponibles ici :
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Ce que l’on retiendra ✨
Sala Cissé est un créateur de vibrations. Ses racines multiples nourrissent son art et son engagement : faire du son un lien, un langage universel qui connecte les peuples, révèle les territoires et sublime les exploits. Une fierté locale, un talent mondial. Parce que la fierté territoriale est un moteur, parce que chaque région est un trésor, parce que chaque habitant peut en devenir l’ambassadeur…
Mettons nos régions en lumière ensemble et avec passion…
J’aime ma région ❤️